Penser à soi, est-ce être égoïste ?
- Audrey LP

- 29 oct. 2025
- 2 min de lecture
Il nous arrive tous de ressentir cette légère culpabilité lorsqu’on décide, pour une fois, de penser à soi. Et tout de suite, une petite voix intérieure murmure : « Suis-je en train de devenir égoïste ? »

Depuis l’enfance, on nous enseigne les vertus du don, du partage et du sacrifice. Penser aux autres avant soi-même devient un idéal moral, presque une preuve de bonté. Pourtant, le désintéressement absolu est une illusion : nul ne peut donner durablement s’il ne se ressource jamais.
Oser poser des limites, c'est avoir le courage de s'aimer soi-même, même si l'on risque de décevoir les autres. - Brené Brown
Qu'est ce que l'égoïsme ?
Le mot égoïsme vient du latin ego, « je ». Être égoïste, c’est agir en fonction exclusive de soi-même, en plaçant son intérêt personnel au-dessus de celui des autres. Philosophiquement, l’égoïsme est souvent perçu comme une fermeture du cœur et de l’esprit, une réduction du monde à son propre point de vue. Rousseau voyait en lui la dégénérescence de l’amour de soi : alors que l’amour de soi est naturel et sain, l’amour-propre – tourné vers la comparaison et la supériorité – devient source de conflit et d’isolement.
Penser à soi, une condition pour exister pleinement

Depuis l’enfance, on nous enseigne les vertus du don, du partage et du sacrifice. Penser aux autres avant soi-même devient une normalité, presque une preuve de bonté. Pourtant nul ne peut donner durablement s’il ne se ressource jamais. Penser à soi, c’est avant tout reconnaître ses propres besoins, ses limites, ses émotions. C’est s’autoriser à ne pas être disponible pour tout et pour tous. Prendre soin de soi n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitale. Comme le disait le psychologue Abraham Maslow, nos besoins fondamentaux (repos, sécurité, estime de soi) sont le socle sur lequel peut s’épanouir notre capacité à aimer et à créer du lien.
Pour conclure : Apprendre à s’écouter, à se reposer, à poser ses limites, ce n’est pas se détourner des autres : c’est se donner les moyens d’aimer de manière juste, consciente et libre. Si l’égoïste n’écoute pas pour comprendre, qu'il écoute pour répondre et donne pour recevoir. Il agit non par respect de soi, mais par indifférence à autrui. Autrement dit, tout dépend de l’intention : penser à soi peut être un acte de lucidité et d’équilibre, rien à voir avec de l'égoïsme.



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