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Dans un monde toujours plus matérialiste, qu’en est-il de l’adage : « c’est l’intention qui compte » ?

  • Photo du rédacteur: Audrey LP
    Audrey LP
  • 17 déc. 2025
  • 2 min de lecture

La fin d’année approche, et avec elle son lot de traditions : les repas de famille, les retrouvailles… et les cadeaux.


Ce moment, censé être chaleureux et fédérateur, devient pourtant pour beaucoup une source de stress, de comparaison et parfois même de malaise. Que vais-je offrir ? Est-ce suffisant ? Est-ce que cela plaira ? Derrière les papiers cadeaux soigneusement choisis se cache souvent une pression silencieuse, nourrie par un matérialisme toujours plus présent.


Pour le matérialisme, il n'y a que l'atome qui existe pleinement. - Ernest Renan

Quand le cadeau devient une preuve plutôt qu’un geste


Offrir un cadeau était autrefois un geste simple : une attention, un symbole, une manière de dire « j’ai pensé à toi ». Aujourd’hui, il est de plus en plus perçu comme une preuve. Preuve d’amour, de générosité, de réussite parfois. La valeur émotionnelle du geste se retrouve souvent éclipsée par sa valeur matérielle. Plus le matérialisme s’impose, plus les attentes évoluent. Le cadeau n’est plus seulement reçu, il est évalué. Comparé. Commenté. Dans certaines familles, consciemment ou non, il devient un indicateur : de moyens financiers, d’investissement affectif, voire de place occupée au sein du groupe.


Dans ce climat, offrir quelque chose de simple, de symbolique, voire fait maison, peut susciter la crainte d’être jugé. Non pas pour ce que l’on a voulu transmettre, mais pour ce que l’objet représente aux yeux de l’autre. Peu à peu, l’intention s’efface derrière la peur de décevoir. La peur du jugement


Certaines personnes renoncent à leurs élans sincères. Elles abandonnent une idée pourtant honorable, touchante, personnelle, par crainte de la réaction en face. Et si ce n’était pas assez ? Et si c’était mal interprété ? Et si cela mettait mal à l’aise ? Recevoir un cadeau est devenu un acte presque aussi codifié que le fait d’en offrir un. Il faudrait sourire, remercier, parfois feindre l’enthousiasme. De leur côté, les personnes qui offrent anticipent ces réactions, redoutent le regard, le silence, la comparaison implicite avec les autres présents déposés sous le sapin.

Dans ce jeu de projections et de non-dits, l’intention, pourtant sincère au départ, est étouffée. Non parce qu’elle n’a pas de valeur, mais parce qu’elle semble insuffisante face aux normes imposées. Le geste devient calculé, sécurisé, standardisé. On n’offre plus ce qui vient du cœur, mais ce qui « se fait ». Tout comme on offre plus car on en a envie, mais parce que le calendrier nous l'impose. Cette idée du "partage" vient polluer nos esprits depuis des années à l'approche du mois de décembre où festivités rime désormais avec corvée.

Pour conclure, à l’approche des fêtes, peut-être est-il temps de se poser une question simple : qu’attendons-nous réellement les uns des autres ? Dans un monde où le matérialisme brouille les repères, réhabiliter l’intention est un choix courageux. Celui de la simplicité. De l’authenticité. Et du lien. Car au fond, ce que l’on garde longtemps, ce ne sont pas les objets, mais les émotions qu’ils ont accompagnées. Et parfois, une accolade suffit à dire tout ce qu’aucun cadeau ne pourra jamais contenir.

 
 
 

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