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Thanksgiving ou l'occasion de relativiser.

  • Photo du rédacteur: Audrey LP
    Audrey LP
  • 26 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Chaque année, à la fin novembre, Thanksgiving rappelle aux États-Unis une tradition vieille de plusieurs siècles. Souvent perçue comme un simple repas familial ou comme le prélude à une montagne d’achats, cette fête porte pourtant un héritage culturel parfois méconnu.



On peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres. Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière. - Albus Dumbledore

Aux origines de Thanksgiving : entre réalité historique et récit fondateur

L’histoire de Thanksgiving remonte au début du XVIIᵉ siècle, à une période de bouleversements politiques et religieux en Europe. En 1620, un groupe de colons anglais, les Pilgrims, fuit les persécutions religieuses et embarque à bord du Mayflower pour rejoindre le Nouveau Monde. Après un voyage éprouvant, ils accostent sur les côtes du Massachusetts, dans un environnement rude auquel ils ne sont pas préparés. Le premier hiver est catastrophique : près de la moitié des colons y laisse la vie. L'hiver suivant, les colons font la connaissance des natifs et prennent enfin le temps d'échanger avec eux car ceux-ci leur enseignent des techniques agricoles adaptées : la culture du maïs, l’utilisation du poisson comme engrais, la gestion des sols. Grâce à ces savoirs, les colons obtiennent une récolte plus abondante à l’automne 1621. Pour marquer cet événement, ils organisent un grand repas de remerciement.


Une fête devenue phénomène culturel et commercial

En 1863, en pleine guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln proclame Thanksgiving « jour national de gratitude », espérant rassembler une nation déchirée. C’est sous cette forme qu’elle s’enracine durablement dans le calendrier américain. S’il reste avant tout un temps de réunion familiale, il s’est progressivement transformé en un événement national et médiatique, où traditions et consommation s’entremêlent. Mais derrière cette image chaleureuse, Thanksgiving est également devenu l’un des moments les plus lucratifs de l’année pour les industries du commerce et de la publicité. Le lendemain, le Black Friday marque le début officiel des achats de fin d’année. L’influence culturelle des États-Unis a permis à certaines traditions liées à Thanksgiving de s’exporter, même dans des pays où la fête elle-même n’est pas célébrée. Au point que certaines enseignes ouvrent leurs portes dès le soir de Thanksgiving, brouillant encore davantage la frontière entre célébration familiale et pression consumériste.


Redonner du sens à la gratitude en temps de crise

Dans un monde marqué par les crises économiques, les conflits, le dérèglement climatique et une précarité croissante... Dans ce contexte, exprimer de la gratitude ne doit pas être interprété comme une forme d’aveuglement face aux injustices. Au contraire, il s’agit d’un acte lucide qui consiste à reconnaître ce que l’on a ( un toit, un repas partagé, des proches.. ) tout en gardant conscience que ces réalités ne sont pas universelles. Thanksgiving peut alors être abordé comme un moment pour repenser nos responsabilités individuelles et collectives. Si la fête rappelle un récit d’entraide entre communautés, elle peut aujourd’hui nous inciter à prolonger ce geste. Il ne s’agit pas d’adopter Thanksgiving tel qu’il est célébré aux États-Unis, mais de s’inspirer de ce qu’il représente : une pause dans le tumulte, une invitation à dire merci, et surtout un rappel que la solidarité est un choix que l’on peut renouveler, même — et peut-être surtout — dans les périodes les plus sombres.


Pour conclure : Thanksgiving révèle à la fois l’héritage, les dérives et la portée universelle d’une tradition longtemps façonnée par l’histoire et la culture. Mais derrière les symboles et le commerce, son message central reste intact : reconnaître ce qui nous porte et partager avec ceux qui en ont besoin.



 
 
 

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