Pourquoi septembre s’habille t-il en turquoise ?
- Audrey LP

- 3 sept. 2025
- 4 min de lecture
La campagne Septembre Turquoise existe pour informer sur une cause encore trop discrète.

Alors que le grand public connaît bien Octobre Rose et ses actions en faveur du cancer du sein, peu savent que le mois de septembre est consacré aux cancers gynécologiques. Il ne s’agit pas de rivaliser avec Octobre Rose, mais de s’inspirer de son impact pour offrir la même visibilité aux autres cancers féminins, qui en ont tout autant besoin.
Lever le voile sur les cancers gynécologiques
Ovaire, utérus, col de l’utérus, vulve, vagin : des zones intimes, des maladies graves, et trop souvent une méconnaissance des symptômes.
Je suis devenue ambassadrice du Septembre Turquoise de l'Institut Curie pour dire aux femmes qu'il faut se soigner ! - Julie Pietri
Chaque année, le mois d’octobre devient rose. Le cancer du sein prend une place centrale dans les médias, les entreprises, les écoles, les campagnes publiques. Octobre Rose est devenu un formidable exemple de mobilisation collective, de sensibilisation réussie, et a permis, au fil des années, de sauver des vies grâce à la prévention, au dépistage et à la libération de la parole. Mais à peine un mois plus tôt, en septembre, une autre cause mérite qu’on s’y attarde : les cancers gynécologiques. Ceux de l’ovaire, du col de l’utérus, de l’endomètre, de la vulve, du vagin. Des maladies qui touchent chaque année des milliers de femmes. Et pourtant, qui en parle ?
Ces cancers sont souvent silencieux, discrets, sournois. Leurs symptômes (douleurs pelviennes, saignements anormaux, fatigue persistante, ballonnements) sont trop souvent banalisés ou ignorés. Parce qu’ils concernent l’intimité, la sphère gynécologique, ils restent entourés de tabous. De nombreuses femmes vivent avec des signaux d’alerte, mais n’osent pas consulter. Le silence, ici, est un danger.
Septembre Turquoise : informer, prévenir, soutenir

C’est pour briser ce silence que Septembre Turquoise a été créé. Moins connu du grand public, ce mois a pour vocation de sensibiliser, de favoriser le dépistage quand il est possible, et de soutenir celles qui vivent la maladie.
Le turquoise, couleur apaisante et douce, a été choisi pour représenter cette cause. Elle invite à l’ouverture, à la discussion, à la bienveillance. Ce mois est l’occasion de diffuser l’information, d’informer les femmes des signes qui doivent alerter, de rappeler l’importance de consulter, de faire de la santé gynécologique une priorité.
Contrairement au cancer du sein, il n’existe pas de dépistage systématique pour tous les cancers gynécologiques. Seul le cancer du col de l’utérus bénéficie aujourd’hui d’un dépistage organisé, grâce au frottis et à la vaccination contre le papillomavirus (HPV). Mais pour les autres, comme le cancer de l’ovaire, il n’y a pas de test simple : la vigilance, la connaissance des symptômes, et une écoute attentive du corps sont essentielles.
Des associations comme Mon Réseau Cancer Gynéco, Patients en réseau, ou Imhotep œuvrent pour donner plus de visibilité à ces maladies, recueillir des témoignages, proposer des espaces de parole et soutenir la recherche.
Leur travail mérite d’être amplifié, encouragé, partagé !
Briser les tabous, libérer la parole, renforcer la solidarité
Le défi est donc autant médical que culturel. Il faut que la société accepte de parler de santé gynécologique sans gêne, sans détour, sans honte. Il faut que les femmes sachent qu’il est normal, nécessaire, vital même, de consulter pour des douleurs, des saignements, des changements inhabituels. Et que ces symptômes ne doivent jamais être minimisés.
Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi accompagner celles qui traversent la maladie. Ces femmes, souvent jeunes, parfois en âge de procréer, vivent une épreuve physique, mais aussi psychologique, identitaire. Elles ont besoin d’être vues, soutenues, entourées. D’être pleinement reconnues dans leur combat.
C’est là que Septembre Turquoise a un rôle crucial : non seulement pour prévenir, mais aussi pour créer du lien, rompre l’isolement, mettre des mots sur les maux.
En valorisant cette campagne, en en parlant autour de soi, en relayant les messages des associations, chacun peut contribuer à faire reculer le silence car écouter son corps, faire confiance à son ressenti, consulter à temps : ce sont des gestes de soin et de vie.
• L'interview express •
Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, comment vous présenteriez vous en quelques mots ?
Je m’appelle Elise Giraudau, j’ai 30 ans, je suis ingénieure en informatique et autrice, notamment du roman La Vie En Turquoise aux éditions Solleyre, Eyrolles Romans.
Votre livre porte un titre lourd de sens. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce choix ?
Mon roman s’appelle La Vie En Turquoise car le turquoise est la couleur du ruban des cancers gynécologiques, donc celle du cancer des ovaires notamment, et parce que au début, dans le roman, Ellie et Louise voient leur vie en rose, puis Ellie doit apprendre à vivre une vie turquoise, marquée par la maladie de sa petite sœur. Pensez-vous qu’il faille passer par des événements culturels (livres, spectacles, expositions) pour sensibiliser autrement que par les affiches de prévention ?
Tout à fait car malheureusement, on ne regarde même plus les affiches alors que la culture reste dans les mémoires et est un vrai vecteur de sensibilisation
Si vous pouviez lancer une action nationale pour Septembre Turquoise, quelle serait-elle ?
Courir un 5km dans chaque ville de France, avec les inscriptions à la course reversée aux instituts de recherche pour les cancers gynécologiques
Et pour finir : Y a-t-il des associations ou initiatives que vous aimeriez mettre en avant dans le cadre de cette campagne de sensibilisation ?
Le don du sang et l’institut Gustave Roussy pour leurs actions et leurs recherches quotidiennes.




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